Visite et atelier-enseignants dans l'exposition Victoria Civera
le Quartier Centre d'art contemporain, QUIMPER

L'acte de peindre, l'acte de déplacer la peinture :
cinq espaces à l'usage du premier degré


Image-Objet
(salle1)
Scène-Image
(vidéo)
Objet-Tableau
(salle 2)
DEMARCHE
DE CREATION
(se) 
déplacer
OPERATIONS
PLASTIQUES
ACTIONS
MOYENS
Table-Scène
(salle 4)
Tableau-Table
(salle 3)

 
 

DEMARCHE DE CREATION DE L’ARTISTE

- (s’) impliquer, choisir, déterminer
- jouer, changer de point de vue, hasarder
- juxtaposer, rêver, narrer

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OPERATIONS PLASTIQUES MISES EN JEU

- associer, coller, monter, rapprocher, relier, opposer / multiplier / (r)assembler, imbriquer
- reproduire, copier, (re)doubler, photographier, photocopier, calquer, refaire, répéter
- transformer, combiner, superposer, inverser, alterner / modifier, dissocier, fragmenter, effacer, ajouter, supprimer / déformer, allonger, raccourcir, changer d’échelle, exagérer / changer la technique (outils, supports, couleurs, formats)

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ACTIONS, MOYENS MIS EN ŒUVRE

- peindre, dessiner
- assembler, sculpter
- photographier
- composer avec le son, la lumière, l’écriture
- disposer, « installer »
- mettre en jeu le corps, danser, pratiquer une performance*

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(se) déplacer

On travaille de manière comparative à confronter des définitions traditionnelles ou classiques de la peinture (se référer à une visite au Musée des Beaux-Arts) à des approches résolument moderne et contemporaine.

Les productions de l’artiste Victoria Civera concernent des objets, des tableaux aussi bien que des espaces construits et des dispositifs à (faire) partager.
Ces espaces sont à l’usage des spectateurs : l’implication, le déplacement ou l’action dans les œuvres apparaissent comme une question fondamentale dans la démarche de l’artiste.

Enfin, ce désir de nous impliquer est lui-même lié à un autre principe fondateur de la conduite de création des artistes, en général : changer, considérer les choses autrement.

Ainsi, transformer le regard du spectateur et changer son point de vue sur l’art,
c’est aussi pour l’artiste nous montrer comment :
- il tire parti  du travail d’autres artistes, ou de l’histoire de l’art
- il change la fonction habituelle des choses, des objets comme de la matière ou des matériaux
- ou encore il renouvelle des notions ou des définitions, voire des motifs connus

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IMAGE-OBJET (salle 1)

- (s’) impliquer, choisir, déterminer
- jouer, changer de point de vue, hasarder
 

Metro flexible (Asientos con musica), 1996 

Qu’est-ce qu’une image, qu’est-ce qu’un objet, qu’est-ce qu’un tableau ? Ces trois aspects renvoient à un déplacement dans la définition et l’usage de la peinture comme dans le territoire de la sculpture, aussi bien qu’à une « mise au point » non arrêtée entre les deux domaines.

Sombra, 1996
Faire aussi de l’autoportrait l’occasion de jouer avec sa propre image et de (se) rappeler le passé de l’art (ici, portraits silhouettés et portraits inversés).

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OBJET-TABLEAU (salle 2)

- associer, coller, monter
- reproduire, copier, (re)doubler
- juxtaposer, rêver, narrer

Objets, peintures et murs peints participent d’une autre mise en espace de la peinture.
Cette affirmation est à comparer avec la définition de la peinture du point de vue de sa forme la plus classique et la mieux reconnue : le tableau. Soit un objet défini par Maurice Denis comme « étant essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre rassemblées. »

Ici les oeuvres de Victoria Civera ne se posent plus en tant qu’objets autonomes, indépendants les uns des autres. Elles débordent les limites du tableau et prennent en compte tout l’espace d’exposition comme « matière » à recevoir la couleur, la ligne et le volume. L’ensemble des objets, des tableaux et des sculptures est donc à considérer en tant que dispositifs, ou espaces, participant de la notion d’installation* et d’environnement*.

Cette question travaille aussi à inclure ou à « déplacer » le spectateur dans des situations plurielles : colorées et spatiales, rigoureuses et ludiques, artistiques et symboliques, construites aussi pour convoquer la subjectivité de chacun. Les pistes ouvertes sont celles qui impliquent des opérations d’association d’une part, de reproduction d’autre part (voir les Compléments aux Instructions officielles), les deux questions pouvant être liées à travers des propositions de type « Reproduis ton assemblage » ou l’inverse, en changeant de techniques. En terme d’association, on pourra tout autant s’appuyer sur le collage d’images que sur la narration de rêves ou les expériences poétiques, jeux de mots, formes écrites ou imagées nées du hasard et du jeu.

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TABLEAU-TABLE (salle 3)

- associer, coller, monter                                                                
- transformer, combiner, superposer                          

On travaillera à la description, à l’interprétation puis au questionnement comparatif des trois œuvres :

Potentiometer, 1994 
(sculpture-« table » qui suggère un rapport anthropomorphique et polysémique du spectateur à l’oeuvre)
Setting, 1994
(dont l’effet de coupe et les couverts pointent et posent aussi des allers-retours entre présence et absence, illusion et réalité dans la « peinture »)
The Difference Between, 1995
(« tableau-table » dressée qui rassemble tous les attributs des propositions de l’artiste)

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TABLE-SCENE (salle 4)

- disposer, « installer »
- mettre en jeu le corps, danser, pratiquer une performance*

El Trance de las Tijeras (La Transe des Ciseaux), 1998 
Qualifier, différencier et à la fois mettre en relation quatre espaces qui, à l’intérieur d’une « peinture » de tissus et de matières, riches visuellement, tactilement et symboliquement, se repoussent et se lient en une « scène » offerte ensuite à l’inscription d’« histoires » à imaginer ensemble, tout autant qu’à l’improvisation du corps dans cet espace (expression corporelle, danse). Retrouver ou définir la qualité  et l’atmosphère particulière de cette œuvre comme installation*, voire comme environnement*.

*L’installation : C’est une forme souvent provisoire et éphémère qui emprunte à l’assemblage, au décor, à la pratique de l’objet et du ready-made, de l’architecture. C’est une mise en scène d’objets dans un environnement, muséal ou non. Elle se caractérise aussi par un décloisonnement moderne entre des disciplines artistiques différentes (théâtre, musique, danse, sculpture, peinture, image fixe ou projetée, vidéo) qui met en cause l’oeuvre d’art comme objet unique et sacralisé. Elle exige du spectateur une participation active.

*L’environnement : L’oeuvre est conçue non pas comme un objet autonome et mobile, mais comme un ensemble aux dimensions souvent architecturales qui propose d’immerger le spectateur dans une situation. Le fonctionnement du musée, de la galerie ou du centre d’art, a ici un rôle clef : on construit volontiers des environnements dans des salles, comme des décors ou des tableaux à trois dimensions. Mais le principe peut se retrouver dans un espace non spécifique.

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SCENE-IMAGE (vidéo)

- mettre en jeu le corps, danser, pratiquer une performance* 
 

L’espace de l’installation inscrit ici l’expression de deux danseuses.
La création d’une installation* - et non pas d’un décor - peut aussi donner lieu avec les élèves à diverses propositions d’expression corporelle. Pour ouvrir cette question d’une façon non modélisante, il faut aller chercher de nombreux exemples (vidéo) au chapitre des « performances » de l’art contemporain (Robert Morris qu’on peut également citer au titre de Potentiometer).

*La performance : Le mot, qui n’a pas ici le sens sportif que lui accorde le français, désigne une forme de l’oeuvre qui emprunte à plusieurs langages, artistiques ou non (musique, peinture, art de l’acteur et du danseur). Elle est pratiquée du mouvement Fluxus à l’art corporel des années 70, en passant par la poésie sonore et le happening. La performance, entre spectacle, installation et environnement, peut avoir une dimension collective, interactive, mais sans machine.

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Compétences et objectifs en Arts plastiques et maîtrise de la Langue orale et écrite
dans les trois cycles :

Rappels d’instructions officielles

Dans le projet des nouveaux programmes 2000, BO n° 7 du 26 août 1999 – Consultation nationale, les activités de français vont pouvoir s’appuyer pleinement sur les arts plastiques, à travers la rencontre des œuvres, la prise de parole et les sujets de production d’écrits que cette discipline suscite. « Les activités de français vont devoir représenter une part significative de l’horaire des autres champs disciplinaires ».

Voilà donc ouverte la possibilité de renforcer le domaine de l’éducation artistique qui participe pleinement de cet apprentissage de base.

A relire aussi les nouvelles instructions du 8 octobre 1999, Les langages, priorité de l’école maternelle,
et notamment :
1.Le langage oral, pivot des apprentissages à l’école maternelle
3.Explorer l’univers des images
4.Langage du corps, pouvoir des mots

Les photographies des oeuvres de Victoria Civera sont extraites du site* du Centre d'art contemporain de Quimper. Remerciements à Dominique Abensour, directrice du Centre d'art, pour son aimable autorisation.
Prolongez vos recherches en cliquant sur l'adresse du site:

http://www.mairie-quimper.fr/lequartier/
Et, mieux encore, faites votre réelle découverte sur place !    

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Didier FROUIN
déc. 99
 

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